Abdelkrim Touahria : «un seul décès par jour, c’est un décès de trop ». 

 

Exclusif : Abdelkrim Touahria , président du Conseil de l’Ordre des pharmaciens 

«  Un seul décès par jour, c’est un décès de trop ». 

Présent à la réunion Gouvernement- Walis en sa qualité de  membre du comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie et président de l’Ordre des pharmaciens algériens, le Dr Abdelkrim Touahria est revenu sur la problématique de la disponibilité au niveau des pharmacies de l’hudroxychloroquine , et le problèmes que subissent le patient dépendants de cette molécule .

Questionné à propos de la disponibilité de ce produit, Abdelkarim Touahria évoque un véritable parcours du combattant pour le pharmacien d’officine de se procurer quelque boites de chloroquine pour répondre aux besoins du malade.

«  Tout le stock existant au niveau de la PCH pour satisfaire les besoins des hôpitaux en cette molécule est destiné exclusivement aux hôpitaux en lutte contre la propagation de cette pandémie, ce qui fait que le malade qui se présente à la pharmacie repart très souvent bredouille », nous a indiqué Dr Touahria qui ajoute que «  quelques fois, le pharmacien arrive à soulager le mal de certains de ses patients en leur fournissant quelque boites de ce produit mais cela reste. C’est ainsi qu’avec la production de cette molécule au niveau de l’unité de production d’El Harrach relevant du groupe Saidal «  est une excellente chose pour le malade et surtout pour ceux qui se traitent à la chloroquine ».

Abdelkriml Touahria n’a pas manqué de revenir sur le raisons ayant conduit à la pénurie de cette molécule en affirmant : « dès  l’apparition de la pandémie, tous les pays ont décidé d’interdire les exportations, que ce soit en termes de médicaments ou de moyens de protection. Juste à titre de rappel que les masques ou les bavettes coûtaient avant la crise, 15 DA l’unité.

L’interdiction d’exportation des outils de protection a créé d’ailleurs une tension à l’échelle planétaire. Cependant, toutes ces difficultés ont été ensuite résolues grâce aux bonnes relations diplomatiques qu’entretient l’Algérie.

Nous avons ainsi pu quand même débloquer la situation. On a reçu après des quantités importantes en moyens de protection, les masques, les respirateurs et même de la matière première destinée à la fabrication de médicaments tels que la chloroquine.

Questionné à propos de la réouverture des espaces publics, devant avoir lieu dès samedi, Abdelkrim Touahria est resté sceptique. «  L’idéal reste toujours le confinement.    Cette crise sanitaire induite par le Covid-19 a été naturellement gérée avec beaucoup de sérénité par le comité scientifique créé à cet effet par les hautes autorités du pays.

nous sommes  actuellement dans une phase qui ne prête pas à la jubilation étant donné que le bilan journalier des cas de contamination se stabilise autour des 500 cas, ce qui n’est pas rien.

En tant que membre scientifique et en tant que pharmacien, je tiens d’abord à déplorer tous ces décès. Un seul décès par jour, c’est un décès de trop.

Mais si le hautes autorités du pays ont décidé de la réouverture des espaces publics, le  grandes mosquées, le plages, jardin publics avec bien sur le strict respect des mesures de prévention, il faut espérer que le citoyens adhère  à cette démarche qui apportera vraisemblablement des résultats positifs, je l’espère », précise Abdelkrim Touahria .

 Ferhat Zafane