Abdelkrim Touahria évoque la pénurie des médicaments : « la liste des produits manquants ne dépasse pas la centaine »

Abdelkrim Touahria évoque la pénurie des médicaments : « la liste des produits manquants ne dépasse pas la centaine »

Contrairement aux idées reçues, le nombre de produits manquants dans les officines ne dépasse pas une centaine, a révélé Dr Abdelkrim Touahria dans une entrevue qu’il nous a aimablement accordée lundi.

En sa qualité de président du Conseil national de l’ordre des pharmaciens, Dr Touahria    affirme ne « pas exagérer » en qualifiant la situation de « pénurie ».

Pour lui, il y a environ « une centaine de médicaments qui sont en rupture véritablement »  précisant que cette rupture concerne à la fois les produits importés et ceux fabriqués localement.

« Prenons le paracétamol à titre d’exemple. Ce médicament est produit localement par plus de 15 fabricants locaux mais fait l’objet d’un manque.

Et s’il est vrai que cette  pénurie de médicaments s’est accentué en 2019 poussant certains patients atteints de maladies chroniques à s’accrocher à l’entraide et à la solidarité, en sollicitant la famille, les amis ou les proches résidant à l’étranger pour apporter les médicaments introuvables sur le marché algérien il n’en demeure pas moins que selon Abdelkrim Touahria , « la situation n’est pas si catastrophique que cela et que ce problème peut toucher plusieurs pays ».

Mais, précise notre interlocuteur, « d’autres produits ayant la même dénomination commune internationale (DCI)  autrement dit, la même molécule mère, sont disponibles » et dans ce cas on ne peut pas parler de rupture avant d’évoquer d’autres produits existants en générique et donc « ne souffrant pas de rupture au sens littéraire » a-t-il précisé.

Plaidant, par ailleurs, en faveur de l’attribution d’autorisations d’importations du médicament aux seuls producteurs nationaux, notre interlocuteur explique qu’elle aura des effets incitatifs à l’investissement national, pour peu qu’elle soit accompagnée d’un contrôle rigoureux de la production.

Jugeant, d’autre part,  qu’on ne saurait accorder une autorisation d’importation « à quelqu’un qui ne fait pas le moindre effort pour investir en Algérie », Touahria  signale que son organisation prône l’institution d’un contrôle et d’un encadrement de la production ainsi que des opérations d’importations.

 Ferhat Zafane