Abdelkadr Taleb Omar à El Djeïch : il y a « échec de la mission onusienne » au Sahara occidental

Abdelkadr Taleb Omar à El Djeïch : il y a « échec de la mission onusienne » au Sahara occidental

La question sahraouie est de retour, le mois en cours, devant le Conseil de sécurité qui devrait renouveler le mandat de la Mission des Nations-Unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso) à la faveur des consultations qui doivent se tenir le 14 octobre, selon le programme de l’organe exécutif de l’ONU pour le mois d’octobre.

Il sera question de renouveler le mandat de la Minurso qui expire le 31 octobre, et avant cela, le représentant spécial pour le Sahara occidental, Colin Stewart, doit faire un briefing sur la Minurso. Ces consultations interviennent, alors que le secrétaire général n’a pas encore nommé un nouvel envoyé personnel depuis que l’ancien président allemand Horst Köhler, a renoncé à sa mission de médiation en mai 2019.  Une situation déplorable alors que l’impasse provoquée par le Maroc au Sahara occidental menace toute la région, sans pour autant l’ONU fasse bouger le petit doigt. C’est une question parmi tant d’autres, évoquée par l’ambassadeur de la RASD à Alger, Abdelkader Taleb Omar dans un entretien à l revue El Djeïch.

« Il y a échec de la mission onusienne au Sahara occidental. Nombreux sont les dépassements et les violations commises par le régime marocain colonial. En plus il y a le renvoi par le Maroc d’une partie de la composante civile et politique de la Minurso, le refus des visites des délégations humanitaires et techniques, recommandées par les Nations unies, l’altération des capacités fonctionnelles de la mission durant son mandat, en l’empêchant d’arriver aux interlocuteurs locaux. De même, le Maroc continue d’imposer l’utilisation de plaques d’immatriculation marocaines sur les véhicules de la mission et d’apposer ses visas sur les passeports du personnel de la mission à son entrée et sortie du Sahara occidental, a-t-il déploré.

Á cela s’ajoutent les pratiques répressives à l’encontre de la population, le pillage de ses richesses, les violations des accords de cessez-le-feu et le gel du plan de paix de façon générale.

« En plus de la limitation du rôle de la mission onusienne à la supervision du cessez- le-feu en tant que gardien de la réalité coloniale, comme si c’était une fin en soi, alors que le cessez-le-feu ne peut être dissocié du plan de règlement mais constitue plutôt un outil favorisant les conditions d’exécution du plan de paix, ayant pour objectif ultime l’organisation d’un référendum pour l’autodétermination du peuple sahraoui, a ajouté le diplomate.

Face à cette déviation du plan de paix et à l’échec des Nations unies dans la mise en œuvre de ses résolutions et recommandations, le Front Polisario, rappelle Abdelkader Taleb Omar,  a déclaré n’avoir d’autre choix que de revoir sa participation au processus de paix des Nations unies, dévié de son parcours, une position d’ailleurs adoptée lors du 15e congrès du Front populaire tenu à Tifariti, en décembre 2019.

Á l’occasion du 29e anniversaire du cessez- le-feu (proclamé le 6 septembre 1991), le président sahraoui Ibrahim Ghali, secrétaire général du Front Polisario, a adressé une lettre au secrétaire général des Nations unies Antonio Guterès, dans laquelle il a exposé tous ces obstacles et appelé l’ONU à prendre des mesures concrètes et sérieuses pour l’exécution complète et stricte du plan de paix, affirmant la détermination du peuple sahraoui à prendre les dispositions nécessaires pour défendre ses droits légitimes..

IN LA REVUE EL-DJEICH