5 juillet 2020 : une journée dédiée à nos glorieux Chouhada

5 juillet 2020 : une journée dédiée à nos glorieux Chouhada

Chaque année, les algériens commémorent la journée du 5 juillet 1962, parfois dans l’incertitude, parfois dans la peur et la mort, parfois sans même s’en rendre compte, juste une journée chômée et payée.

Aujourd’hui, dimanche 5 juillet 2020, la commémoration n’est pas la même ! Beaucoup de choses ont changé depuis la même date de l’année passée et l’algérien, pour la première fois depuis cette indépendance qu’il commémore et pour laquelle il a consenti tant de sacrifices, se retrouve en face de lui-même, un amour et un respect réciproque nous animant tous, un espoir nouveau éclaire notre avenir, une vie de ‘citoyens’ nous tend les bras et chacun se surprend à entonner les chants patriotiques de notre jeunesse.

Kassaman, que nous avons presqu’oublié sauf quand on l’entend distraitement lors de cérémonies ennuyeuses, les autres chants entrainants, vivants, nous poussant malgré nous au sacrifice sont entendus un peu partout.

Même les plus jeunes, ceux qui n’ont pas vécu les années de gloire de l’Algérie, ont ressenti cette année cette fièvre unique, cette fierté ancestrale, cet amour de la Patrie, cette communion de toutes les parties, sans région précise ni dialecte, ni langue, ni âge, ni conviction, juste cet attachement à la terre, à ce qu’elle représente, à ce qu’elle est pour nous et à ce que nous sommes pour elle.

Depuis vendredi, l’Algérie n’a vécu que pour ses enfants, morts pour elle, décapités, à moitié déportés, déposés comme curiosité dans un musée, dépossédés même d’une intimité post mortem ! Mais leurs dignes fils n’ont jamais oublié leur sacrifice, ils ne se sont jamais avoués vaincus, à leur image d’ailleurs, ils ont continué à se battre, ils ont parcouru des milliers de kilomètres, ils ont tonné, ils ont forcé la main à leurs ennemis, ils se sont oubliés mais ils ont vaincu.

Ce matin, le terreau du cimetière d’El Alia était tendre, d’une couleur ocre qui nous rappelle notre pays si doux, les djounoud et les agents de la protection civile qui ont remué la terre pour y déposer les restes de nos martyrs ont remis quelque chose à sa place, quelque chose qui manquait, une pièce d’un puzzle qui s’appelle l’Algérie qui est demeuré béant près de deux siècles.

Hier soir, la plaie était fermée, le puzzle était entier, les âmes ont pu se reposer.

Hier, l’Algérie était au rendez-vous avec elle-même, le geste symbolique du dépôt d’une gerbe de fleurs par le président de la république a revêtu toute sa signification et les algériens, tous les algériens, ont laissé libre cours à leur émotion, à leurs larmes, des larmes de joies, des larmes de tristesse, des larmes de fierté ! C’est exprès que nous ne citons aucun nom, il n’y en a d’ailleurs plus qu’un seul : l’Algérie et tous ses enfants ! Dimanche 5 juillet 2020 a été une journée complètement dédiée à nos gloires, à nos ancêtres, à nos sacrifices, c’est aussi une journée dédiée à l’avenir grâce à cette victoire que nous avons arrachée, nous avons comblé le vide, nous avons remis le morceau qui manquait à sa place, nous devons maintenant édifier tout ce qui sera beau pour ce pays, tout ce qui fera sourire ses enfants, tout ce qui permettra à son peuple de vivre, au sens le plus large du terme.

Tahar Mansour